Ostéopathie et douleurs de règles (dysménorrhées) Marcq-en-Barœul (Lille)
Des douleurs fréquentes, souvent banalisées
Les douleurs de règles ou dysménorrhées touchent entre 45 et 95 % des femmes en âge de procréer. Parmi elles, 10 à 25 % décrivent des douleurs sévères qui impactent leur quotidien de façon significative. Pourtant, elles restent fréquemment banalisées : par l'entourage, parfois par les professionnels de santé, et souvent par les femmes elles-mêmes qui finissent par les considérer comme inévitables.
Dans une étude menée auprès de 898 femmes dysménorrhéiques, la douleur médiane au moment des règles était cotée à 7 sur 10. Plus des trois quarts des participantes rapportaient une douleur supérieure à 5. Ces chiffres donnent une mesure concrète de ce que beaucoup vivent chaque mois, sans forcément en parler.
Ces données issues d'un mémoire de recherche sur les dysménorrhées essentielles et la qualité de vie, que j'ai eu l'occasion de co-diriger à la Faculté de médecine et maïeutique de Lille, illustrent concrètement ce que beaucoup de femmes vivent sans le nommer
L'ostéopathie ne guérit pas les dysménorrhées, mais elle peut agir sur une partie de leurs mécanismes et contribuer à en réduire l'intensité. C'est ce que nous allons voir ici.
Ce que sont les douleurs de règles
Les dysménorrhées désignent les douleurs abdomino-pelviennes qui surviennent juste avant ou pendant les règles. Elles se manifestent généralement sous forme de crampes, parfois accompagnées de douleurs dans le bas du dos ou les cuisses. Des symptômes comme les nausées, les maux de tête ou les troubles digestifs peuvent s'y ajouter.
On distingue deux types. Les dysménorrhées primaires apparaissent dès les premières années du cycle, sans pathologie sous-jacente identifiée. Les dysménorrhées secondaires surviennent plus tard et sont souvent associées à une pathologie gynécologique comme l'endométriose ou les fibromes.
Cette page traite principalement des dysménorrhées sans cause organique identifiée qui sont les plus fréquentes, et celles pour lesquelles l'ostéopathie peut intervenir de la manière la plus directe.
Pourquoi ça fait mal ?
L'utérus est un muscle. Lors des règles, il se contracte pour expulser la muqueuse utérine. Ces contractions sont normales, c'est le processus physiologique du cycle menstruel. Ce qui est moins normal, c'est quand elles deviennent douloureuses.
Le mécanisme principal implique des substances appelées prostaglandines, produites par la muqueuse utérine en fin de cycle. Chez les femmes dysménorrhéiques, le taux de prostaglandines est significativement plus élevé. Ces substances provoquent une contractilité intense du muscle utérin et une vasoconstriction (c'est-à-dire un rétrécissement des vaisseaux sanguins qui alimentent l'utérus). Le résultat : le muscle se contracte fortement tout en étant moins bien vascularisé. C'est ce manque d'apport sanguin dans un tissu en effort qui génère la douleur.
L'image la plus juste est celle d'un muscle à l'effort privé d'oxygène. Comme un mollet qui se contracte sans relâche : ça tire, ça brûle, ça irradie.
Un impact concret sur la vie quotidienne
Les dysménorrhées sont la première cause d'absentéisme récurrent à l'école et au travail. Selon plusieurs études, entre 34 et 50 % des femmes concernées s'absentent régulièrement pendant leurs règles. Pour 10 à 30 % d'entre elles, cela représente une à deux journées de travail perdues chaque mois.
Au-delà de l'absentéisme, l'impact sur la qualité de vie est large : sommeil perturbé, activité sportive réduite, relations sociales limitées pendant les épisodes douloureux, charge mentale liée à l'anticipation des prochaines règles. Dans l'étude supervisée dans le cadre de ma pratique, plus de 40 % des femmes interrogées évaluaient leur qualité de vie comme mauvaise ou très mauvaise en période de menstruation.
55 % des femmes dysménorrhéiques ont recours à l'automédication. Beaucoup gèrent seules, sans en parler à un professionnel. En partie parce que la douleur est banalisée, en partie parce qu'on ne sait pas forcément vers qui se tourner.
Les traitements habituels et leurs limites
Le premier recours médical sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'ibuprofène. Ils agissent directement sur la production de prostaglandines et sont efficaces pour beaucoup de femmes. Les traitements hormonaux : pilule, progestatifs, stérilet hormonal réduisent l'activité endométriale et limitent la sécrétion de prostaglandines. Ils constituent une option valide et souvent efficace.
Ces traitements fonctionnent pour un grand nombre de femmes. Mais certaines n'y répondent pas suffisamment, d'autres ne souhaitent pas ou ne peuvent pas utiliser de contraception hormonale, et d'autres encore cherchent à comprendre l'origine mécanique de leurs douleurs plutôt que de les masquer.
L'ostéopathie s'inscrit dans ces situations comme une approche complémentaire, pas comme une alternative aux traitements médicaux. Elle ne remplace pas un suivi gynécologique, elle peut s'y ajouter.
Ce que fait l'ostéopathie
L'ostéopathie n'intervient pas directement sur la production de prostaglandines. Son action se situe ailleurs : elle cherche à améliorer l'environnement mécanique dans lequel l'utérus fonctionne.
L'utérus est suspendu dans le bassin par un réseau de ligaments et enveloppé par des fascias, ces membranes conjonctives qui relient entre elles toutes les structures du corps. Quand ce réseau est tendu, congestionné ou peu mobile, les contractions utérines se heurtent à plus de résistance. La circulation sanguine et lymphatique dans la région pelvienne peut être freinée. Tout cela participe à intensifier la douleur.
Le travail ostéopathique va chercher les zones de tension dans ce système (bassin, sacrum, diaphragme, ligaments utérins, fascias pelviens) et leur redonner de la mobilité. L'objectif est que l'utérus puisse se contracter dans un environnement plus souple, mieux vascularisé, moins encombré de tensions accumulées.
Cela ne supprimera pas les contractions utérines. Mais cela peut en réduire l'intensité douloureuse et améliorer le confort général pendant les règles.
Comment se déroule une séance
La première séance commence par un temps d'échange assez long. Je vous pose des questions sur votre cycle, depuis quand vous avez ces douleurs, comment elles évoluent, ce que vous avez déjà essayé, votre histoire gynécologique en général. C'est indispensable pour comprendre le contexte avant de travailler.
Ensuite je teste la mobilité de l'ensemble du corps, pas seulement le bassin. Une tension dans le diaphragme, dans le bas du dos ou dans les hanches peut avoir des répercussions sur la région pelvienne. Je vous explique ce que je trouve et comment je vais travailler.
Les techniques utilisées sont douces, non forcées, entièrement externes. Je ne demande jamais aux patientes de se mettre en sous-vêtements, des vêtements souples suffisent. La séance dure 60 minutes.
En fin de séance, je vous indique ce que j'ai travaillé et ce que vous pouvez observer dans les prochains cycles. Une à deux séances permettent généralement d'évaluer si l'ostéopathie apporte quelque chose dans votre situation.
Questions fréquentes
À quel moment du cycle consulter ?
Idéalement en dehors des règles, dans la deuxième partie du cycle ou juste après. Venir pendant les règles est possible si les douleurs sont très invalidantes, mais le travail sera plus limité.
Combien de séances sont nécessaires ?
Difficile à dire avant d'avoir évalué la situation. En général, on observe les effets à partir du cycle suivant la séance. Si l'ostéopathie apporte quelque chose, deux à trois séances permettent souvent une amélioration significative. Si aucun changement n'est noté après deux séances, il est possible que d'autres approches seront plus adaptées.
L'ostéopathie peut-elle aider si j'ai de l'endométriose ?
Oui, dans une certaine mesure. L'ostéopathie n'agit pas sur les lésions endométriales elles-mêmes, mais elle peut travailler sur les tensions et les adhérences qu'elles créent dans les tissus environnants. C'est un accompagnement complémentaire à une prise en charge médicale spécialisée.
Est-ce remboursé ?
Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. De nombreuses mutuelles proposent cependant un remboursement partiel, vérifiez vos garanties avant de venir.
Pour aller plus loin
Santé de la femme / page générale
Lien interne → Ostéopathie et endométriose à Lille (/osteopathie-endometriose-lille/)
Lien interne → Syndrome prémenstruel (SPM) (/osteopathie-syndrome-premenstruel/)